PGP
Un chiffrement fort pour tous — lâché dans le monde comme un acte de désobéissance civile.
L'objet
PGP — Pretty Good Privacy — est un programme de chiffrement écrit par Phil Zimmermann et publié en juin 1991. Il mit la cryptographie à clé publique de qualité militaire, jusque-là réservée aux États et aux banques, entre les mains de tout individu disposant d'un ordinateur.
Un crime que de le publier
À l'époque, la cryptographie forte était juridiquement classée par les États-Unis comme une munition ; l'exporter pouvait être poursuivi comme un trafic d'armes. PGP se répandit malgré tout sur l'internet mondial, et Zimmermann devint la cible d'une enquête criminelle fédérale de trois ans. En réponse, MIT Press publia l'intégralité du code source sous forme de livre — de la parole, non du logiciel, et donc protégée. L'affaire fut finalement abandonnée, et les « crypto wars » basculèrent.
Pourquoi c'est important
PGP redéfinit le chiffrement comme un droit civil plutôt qu'un privilège d'État. Il arma journalistes, dissidents et gens ordinaires de la capacité de communiquer sans autorisation. La question du phreaker — qui a le droit d'utiliser ce système ? — reçut ici une réponse mathématique : tout le monde, par défaut.
Il prolongea aussi l'intuition du copyleft. Zimmermann n'écrivit pas seulement un outil ; il orchestra un événement juridique et politique, le distribuant sous une forme que la loi ne pouvait facilement arrêter.
La leçon qu'il a libérée
La cryptographie, c'est de la politique exprimée en mathématiques. Un chiffre que chacun peut exécuter déplace l'équilibre du pouvoir entre individus et institutions, et aucune réglementation ne peut totalement « dépublier » un nombre. PGP fit de la vie privée quelque chose que l'on pouvait faire, et non simplement recevoir.
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La liste de diffusion Cypherpunks