Phrack Magazine
Un e-zine underground qui donna à l'underground hacker sa propre presse, ainsi qu'un document de compagnie téléphonique divulgué qui le mit en procès.
L'objet
Phrack (le nom fusionne phreak et hack) publia son premier numéro le 17 novembre 1985, sous la direction de Taran King et Knight Lightning, et fut diffusé à travers les BBS depuis le Midwest américain. C'était un magazine en texte brut : articles techniques sur les réseaux et la téléphonie, nouvelles des arrestations et des querelles, et les longs entretiens « Pro-Phile » qui transformèrent des pseudonymes épars en une communauté reconnaissable. Il ne coûtait rien, n'appartenait à personne, et arrivait sous la forme d'un fichier que l'on pouvait copier à l'infini.
L'article devenu procès
En 1989, Phrack publia un document décrivant l'administration du système téléphonique d'urgence 911, copié depuis un ordinateur de BellSouth. La compagnie téléphonique l'estima à des dizaines de milliers de dollars ; il s'avéra plus tard disponible dans un manuel pour quelques dollars. Dans la répression qui suivit, au cœur de l'Operation Sundevil de l'époque, Knight Lightning fut poursuivi. L'affaire s'effondra lorsque la défense démontra que le secret « volé » était public, mais l'accusation avait déjà fait passer son message : un magazine pouvait être traité comme une arme. Le procès contribua à précipiter la fondation de l'Electronic Frontier Foundation.
Pourquoi c'est important
Phrack donna à l'underground ce dont tout mouvement a besoin : une presse à lui. Là où 2600 se réunissait sur le papier et au coin des rues, Phrack vivait nativement sur le fil, façonnant la manière dont une génération de hackers écrivait, débattait et comprenait la loi qui se refermait autour d'elle. Ses archives constituent l'un des témoignages à la première personne les plus riches qui existent sur l'underground.
La leçon qu'il a libérée
Publier, c'est un pouvoir, et les puissants traiteront l'information sur leurs systèmes comme une propriété. Le parcours de Phrack, et les poursuites auxquelles il survécut, traça la ligne que le mouvement des droits numériques passerait la décennie suivante à défendre : écrire sur le fonctionnement d'un système n'équivaut pas à l'attaquer.
Pour aller plus loin
Poursuivre la visite
Exposition suivante
Le Manifeste GNU