Tor
Le routage en oignon offert au public — l'anonymat reconstruit en un réseau que chacun peut rejoindre.
L'objet
Tor — « The Onion Router » — connut sa première version publique le 20 septembre 2002, à partir de recherches sur le routage en oignon du U.S. Naval Research Laboratory. Il enveloppe le trafic dans des couches de chiffrement et le fait rebondir à travers des relais tenus par des volontaires, de sorte qu'aucun point unique ne sait à la fois qui vous êtes et ce que vous faites.
L'anonymat a besoin de compagnie
L'intuition centrale de Tor est sociale, et pas seulement cryptographique : un système qui cache une seule personne est inutile, car cette personne se distingue. L'anonymat ne fonctionne qu'en foule. Tor fut donc publié libre et ouvert, et il survit grâce à des relais tenus par des volontaires du monde entier — sa sécurité est, littéralement, une communauté.
Pourquoi c'est important
Tor prolonge d'une décennie l'argument de PGP. PGP cachait le contenu d'un message ; Tor cache le fait et le motif de la communication elle-même. Il devint une infrastructure essentielle pour les journalistes, les dissidents et les gens ordinaires sous surveillance — et un point de tension permanent entre la vie privée comme droit et le désir de voir de l'État. La question du phreaker sur qui contrôle un réseau se pose encore, désormais en couches d'oignon.
La leçon qu'il a libérée
Certaines libertés ne peuvent se construire que collectivement. On ne peut être privé seul sur un réseau ; la vie privée à grande échelle est un bien public qu'il faut faire exister par le volontariat. Tor fit de l'anonymat un projet d'infrastructure — et prouva qu'un bien commun peut défendre l'individu.
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