Le Raspberry Pi
Un ordinateur à trente-cinq dollars de la taille d'une carte de crédit, conçu pour remettre le bricolage entre les mains des enfants.

L'objet
Le Raspberry Pi est un ordinateur complet sur une seule carte de la taille d'une carte à jouer, lancé le 29 février 2012 par une fondation caritative de Cambridge, en Angleterre. Le premier modèle coûtait environ trente-cinq dollars. Il n'avait ni boîtier, ni disque dur, et exposait des broches que l'on pouvait câbler directement à des moteurs et des capteurs. La demande, le jour du lancement, fut si forte qu'elle fit tomber les sites de ses distributeurs.
Le retour du programmeur de chambre d'ado
Eben Upton et ses collaborateurs construisirent le Pi par inquiétude : celle de voir la génération élevée parmi des appareils scellés et léchés perdre la chance qu'avaient eue ses aînés : ouvrir la machine et la casser. Là où l'Altair et le BBC Micro avaient jadis invité au bricolage, l'ordinateur moderne l'en décourageait. Le Pi était un retour en arrière délibéré, assez bon marché pour qu'on risque de le détruire et assez ouvert pour exiger l'expérimentation. Il devint le cœur d'un mouvement maker mondial, intégré à des stations météo, des consoles de jeux rétro, des robots et des salles de classe sur tous les continents.
Pourquoi c'est important
Le Pi prouva que l'idéal hacker de la machine accessible avait encore du travail devant lui. Des décennies après que l'ordinateur personnel eut « gagné », il était aussi devenu un appareil fermé ; le Pi le rouvrit. Il rendit l'informatique physique, du code qui fait bouger les choses dans le monde réel, assez bon marché pour un curieux de douze ans, ranimant l'esprit même que le Homebrew Computer Club avait porté dans les années 1970.
La leçon qu'il a libérée
L'accessibilité n'est jamais acquise ; il faut la reconquérir pour chaque génération. Le Pi répondit à la vieille promesse de l'Altair dans un monde qui l'avait oubliée : qu'un ordinateur doit être quelque chose que l'on peut tenir, ouvrir, comprendre et plier à sa volonté, et que la façon la moins chère de fabriquer un hacker est de confier à un enfant une machine qu'il a le droit de casser.
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