Hackers: Heroes of the Computer Revolution
Le livre qui donna à une sous-culture dispersée son nom, son histoire et un credo qu'elle pouvait enfin désigner.

L'objet
Hackers: Heroes of the Computer Revolution, du journaliste Steven Levy, parut en 1984. Il retrace un fil unique à travers trois générations : le Tech Model Railroad Club et l'AI Lab du MIT de la fin des années 1950 et des années 1960, les hackers de matériel du Homebrew dans la Californie des années 1970, et les programmeurs de jeux du début des années 1980. C'est du reportage, non un manifeste, mais il accomplit ce qu'aucun manifeste n'avait fait : il dit à ces gens qu'ils appartenaient à une seule et même histoire.
Nommer l'éthique
La contribution durable de Levy fut de distiller, à partir de la manière dont ses sujets se comportaient réellement, un ensemble de principes partagés qu'il appela l'éthique hacker : que l'accès aux ordinateurs devrait être illimité et total ; que toute information devrait être libre ; qu'il faut se méfier de l'autorité et promouvoir la décentralisation ; que les hackers devraient être jugés sur leur hacking, et non sur leurs diplômes ; et que l'on peut créer de l'art et de la beauté sur un ordinateur. Ces principes ne furent jamais votés ni couchés par écrit par les hackers eux-mêmes ; Levy remarqua simplement qu'ils les vivaient déjà.
Pourquoi c'est important
Avant ce livre, « hacker » était un terme d'initiés connu de quelques milliers de personnes. Après lui, le mot avait un sens public, une filiation et un système de valeurs dont on pouvait débattre. Presque tout le reste de ce musée, qu'il s'agisse de l'exigence de liberté du Manifeste GNU, de la défiance des cypherpunks envers l'autorité ou du « l'information veut être libre » du mouvement du libre accès, dialogue avec l'éthique que Levy nomma. Il offrit à la culture un miroir.
La leçon qu'il a libérée
Une sous-culture devient un mouvement lorsque quelqu'un consigne ce qu'elle croit déjà. Levy n'inventa pas l'éthique hacker ; il la rapporta, et en la rapportant la rendit citable, transmissible et durable. Le fait même que ce musée puisse parler d'une « culture hacker » doit beaucoup à un reporter qui prit ces gens assez au sérieux pour en dégager le fil conducteur.
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